Avortement, la parole confisquée

Monique Hébrard, Desclée de Brouwer, 2006, 177 p.

Pourquoi parler aujourd’hui de l’avortement ? Parce qu’en dépit de quarante ans de généralisation de la contraception, et plus de trente ans après l’adoption de la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le nombre des avortements - autour de 200 000 dans notre pays - n’a guère diminué.

Et si, constate Monique Hébrard, le discours des féministes des années soixante-dix résonne encore dans la mentalité ambiante, il ne fait plus référence dans la réalité du vécu des jeunes femmes d’aujourd’hui.

Il est donc urgent de libérer la parole et de permettre « un parler vrai », car la plupart du temps, ces femmes se retrouvent radicalement face à elles-mêmes, souvent dans la solitude, devant une décision empreinte d’une grande gravité et parfois dans la souffrance d’un deuil nié et tu.

Sans complaisance cette large enquête touche à la fois les questions sociales, culturelles, psychologiques, éthiques sans écarter les hommes du propos.

Dans les derniers chapitres, Monique Hébrard, qui s’affirme catholique, propose une relecture à la fois positive et critique des grands textes de l’Eglise sur ce sujet. Et si Jésus était là, se demande-t-elle enfin, nul doute qu’il serait miséricordieux et doux avec celles qui portent le poids et les blessures d’un acte lourd. Comme d’ailleurs le sont de nombreux catholiques qui accompagnent ces femmes et ces hommes en détresse.

Longtemps journaliste au mensuel Panorama, chroniqueuse à La Croix, Monique Hébrard a publié de nombreux livres enquêtes.

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