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Virginie ne retient pas seulement de ses bébés le chagrin de leur disparition, elle insiste sur ce qu’ils lui ont apporté et les voit surtout comme deux « trésors » qui l’enrichissent et qu’elle pourra aimer toujours…
Mes jumeaux sont morts parce qu’ils sont nés prématurément. Je me sentais alors tout à la fois pleine d’amour pour eux et vide parce que mes bras n’avaient pas de bébés à porter. Que faire de tout cet amour qui ne pouvait pas s’exprimer au travers de caresses? Comment continuer ma route sans perdre toute ma joie de vivre et ma confiance en la vie ?
A Agapa on ne m’a bien sûr pas proposé de solution toute prête par rapport à ces questions, mais on m’a offert un accompagnement dans l’épreuve que j’avais à traverser, un accompagnement à la fois suffisamment distant et extrêmement bienveillant.
Concrètement j’y ai trouvé une écoute vraie. En fait on m’écoutait, chose rare, sans chercher à « remplir » mes silences par des pseudo- solutions, des conseils, ou des comparaisons. Ainsi je me suis sentie autorisée à vivre ce deuil à ma façon, sans me soucier d’obtenir l’assentiment de l’autre. Je pouvais exprimer tout l’amour que j’avais pour eux, toute la peine que j’avais de les avoir perdus, sans qu’on me réponde que je devais « tourner la page » ou « aller de l’avant ». Et il me fallait précisément cette écoute et cette reconnaissance avant d’envisager l’avenir.
Dans le même temps, le parcours proposé par Agapa m’invitait à parler de moi et à me connaître mieux. Au fil des séances j’ai commencé à remettre en question un certain nombre de mes croyances et préjugés. J’ai appris notamment à ne plus m’enfermer dans un mode de pensée binaire, tout n’est pas noir ou blanc, je peux pleurer mes bébés et en même temps vouloir un autre enfant sans culpabilité.
Un pas après l’autre, j’ai avancé et aujourd’hui je dirais que mes bébés m’ont enrichie parce qu’ils m’ont amenée à reconsidérer ma vision des choses, mes relations avec les autres. Ils ont apporté plus de tolérance, d’empathie et d’amour dans ma vie. Je ne sais pas si j’aurais su dépasser le vide qu’ils ont laissé et donner ainsi un sens à leur existence sans le chemin parcouru avec Agapa. Cela m’apaise énormément de savoir que j’ai changé grâce à eux, je les en remercie.
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Ghislaine s’émerveille du “voyage” parcouru : en se réconciliant avec son passé, elle peut vivre pleinement son présent.
Au moment où j’entreprenais le cheminement proposé par Agapa, j’ai vécu, en quelques mois, trois deuils successifs de personnes qui m’étaient très proches. Tous ces deuils m’ont bien sûr beaucoup marquée. Mais, je me suis vraiment sentie accompagnée à travers toutes ces épreuves .
Pendant tout ce parcours , j’ai fait un très long voyage en moi-même , un voyage plein de découvertes , un voyage où j’ai pu remettre à leur place non seulement les deuils que je vivais, mais surtout ces deuils non faits suite à une IVG remontant à 32 ans et à une IMG ancienne de presque 20 ans . J’ai appris à mettre des émotions et des sentiments sur ces souffrances que je n’avais jamais osé exprimer . J’ai réussi à refaire connaissance avec la petite fille que j’avais été , une petite
fille insécurisée à la recherche de la protection et de l’amour de ses parents . J’ai aussi compris tous ces manques qui me venaient de l’enfance et aussi combien mes parents qui eux n’avaient pas connu les leurs avaient fait ce qu’ils pouvaient pour moi . Je me suis réconciliée avec mon passé et j’ai commencé à voir ma vie autrement et surtout ma relation avec mon compagnon ! Bref , ce voyage tout intérieur qu’il fût a été franchement une chose merveilleuse qui m’est arrivée .
Je ne vous remercierai jamais assez pour l’existence de votre association , pour votre pédagogie d’accompagnement qui par ses étapes bien organisées et établies permet non seulement de réfléchir à sa vie mais aussi de la transformer petit à petit . Evidemment , je ne peux qu’adresser un énorme merci à mon accompagnante, qui par son écoute attentive et sa
neutralité bienveillante m’a permis d’aller très loin dans la découverte de moi-même.
Une dernière chose , le fait que ce soit une association d’église m’a épatée . Je me suis toujours sentie un peu rejetée par
l’église avec un sentiment de honte très fort depuis l’IVG de 1978 et puis là, le fait que ce soit l’église qui soit à l’origine de cet accompagnement , c’est comme si tout à coup , je me sentais plus légère et revenue à la maison. J’en ai fini avec la clandestinité et la honte et cela fait du bien.
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Des années après son IVG, Cécile témoigne de ce qui l’a aidée à trouver un apaisement.
Dix-huit ans après mon avortement, et malgré quatre naissances venues après, ma souffrance était toujours là. Après des années de suivi psychologique, rien ne pouvait endiguer les angoisses, les cauchemars, le stress et l’agressivité permanents dans lesquels je vivais.
Après la naissance de mon quatrième enfant, je me suis décidée à appeler une écoutante d’Agapa. Celle-ci m’a accueillie très gentiment, avec une grande douceur, et surtout une réelle bienveillance pour écouter le mal qui me rongeait. Pour la première fois, je faisais part à quelqu’un d’une souffrance qu’elle semblait comprendre, et qu’elle m’aidait à objectiver.
Lors des rencontres Agapa, la relecture de ma vie passée m’a permis de donner une place entière et réelle à celui que je considère comme mon enfant, et à me sentir plus légère. J’ai, par la suite, suivi une session avec un autre organisme offrant une approche spirituelle, importante pour moi.
C’est grâce à l’accompagnement d’Agapa, où j’ai trouvé une réelle compassion, que j’ai pu faire mes premiers pas de “libération”. Un immense merci donc, et plus particulièrement à mon accompagnante. Dans l’espoir que beaucoup d’autres personnes souffrant directement ou indirectement de l’avortement (hommes, femmes, personnels soignants, enfants de la même fratrie) puissent reprendre, eux aussi, un chemin de vie, je vous souhaite un beau chemin et vous engage à faire confiance à Agapa.
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La législation et la réglementation ont été, au fil des années, vers une meilleure reconnaissance des ces morts précoces.
Loi du 8 janvier 1993 et circulaire du 22 juillet 1993
Lorsqu’un enfant est décédé avant que sa naissance ait été déclarée à l’état civil, l’officier de l’état civil établit un acte de naissance et un acte de décès sur production d’un certificat médical indiquant que l’enfant est né vivant et viable et précisant les jours et heures de sa naissance et de son décès.
A défaut du certificat médical prévu à l’alinéa précédent, l’officier de l’état civil établit un acte d’enfant sans vie.
Circulaire du 3 mars 1993
Elle vient préciser la notion « d’enfants décédés avant la déclaration de naissance à l’officier de l’état civil.
L’acte d’enfant sans vie ne sera désormais dressé par l’officier de l’état civil que lorsqu’il n’est pas établi que l’enfant est né vivant et viable.
Il en est ainsi :
- lorsque l’enfant, sans vie au moment de la déclaration à l’état civil, est né vivant,mais non viable; l’officier de l’état civil dressera l’acte sur production d’un certificat médical quelle que soit la durée de la gestation;
- ou lorsque l’enfant est mort-né après une gestation de plus de 180 jours (environ 6 mois).
Circulaire n°50 du 22 juillet 1993
Elle précise les critères de viabilité à la naissance.
Selon les recommandations de l’OMS (1977), la limite basse pour l’établissement d’un acte de naissance pour des enfants nés vivants correspond au terme de vingt-deux semaines d’aménorrhée ou à un poids de 500 grammes.
Circulaire n°2001/576 du 30 novembre 2001 et arrêté du 19 juillet 2002
Viennent encore préciser et modifier les conditions de déclaration à l’état civil.
Désormais le seuil de reconnaissance juridique d’un fœtus est de 22 semaines d’aménorrhée ou un poids de 500 grammes, que ce soit pour l’établissement d’un acte de naissance et d’un acte de décès, ou pour l’établissement d’un acte d’enfant nés sans vie.
Décret n°2008-798 et n°2008-8000 et arrêtés du 20 août 2008
Deux décrets du Ministère de la Justice (complétés par deux arrêtés du même jour) relatifs à l’enfant né sans vie ont été publiés au Journal officiel du 22 août 2008.
Ils stipulent que désormais les fœtus nés sans vie pourront être inscrit dans le livret de famille et leurs parents pourront organiser des obsèques.
Le décret n°2008-798 permet aux parents non mariés, dont l’enfant sans vie est leur premier enfant de demander un livret de famille.
Il y est noté l’indication d’enfant sans vie, la date et le lieu de l’accouchement.
Le décret n°2008-8000 du 20 août 2008 prévoit que l’acte d’enfant sans vie peut être obtenu auprès de l’officier de l’état civil, sur production d’un certificat médical constatant l’existence d’un accouchement ainsi que l’heure, le jour et le lieu de cet accouchement.
Ce décret est complété par un arrêté précisant les conditions d’établissement de ce certificat. Seuls les accouchements spontanés ou provoqués pour raisons médicales, ouvrent la possibilité d’un certificat d’accouchement. Les interruptions précoces de grossesse, les fausses couches précoces ainsi que les interruptions volontaires de grossesse ne donnent pas droit à la délivrance d’un certificat d’accouchement.
Ces deux décret et arrêtés laissaient quelques interrogations. Le nombre de semaines de grossesses à partir desquelles n’est pas explicitement donné : s’agit-il de 14 sa, seuil au-delà duquel l’IVG n’est plus possible, ou 16 sa, comme l’a annoncé la presse ?
Quel est l’effet rétroactif de ces décrets ? Venant préciser une loi de 1993, concernent-ils tous les enfants morts nés depuis cette date ?
Circulaire du 19 juin 2009
Elle vient préciser les règles à respecter en matière d’enregistrement à l’état civil, de délivrance d’un livret de famille et de prise en charge des corps pour les enfants soit décédés avant la déclaration de naissance, soit pouvant être déclarés sans vie.
La circulaire précise notamment les conditions d’établissement du certificat médical d’accouchement : « Il implique le recueil d’un corps formé - y compris congénitalement malformé - et sexué, quand bien même le processus de maturation demeure inachevé et à l’exclusion des masses tissulaires sans aspect morphologique. Ainsi les situations d’interruption volontaire de grossesse et les situations d’interruption spontanée précoce de grossesse (…) survenant en deçà de la quinzième semaine d’aménorrhée, ne répondent pas, en principe, aux conditions permettant l’établissement d’un certificat médical d’accouchement.
Pour les enfants morts nés avant 2008, l’acte d’enfant né sans vie peut être donné à condition d’avoir un certificat d’accouchement et si l’accouchement a eu lieu après le 11 janvier 1993 (dernière loi sur les déclarations à l’état civil).
La circulaire recommande, en outre, aux établissements de santé les modalités à mettre en œuvre en vue d’un meilleur accompagnement des familles endeuillées.
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Il arrive qu’une femme enceinte pense qu’elle ne peut ou ne doit pas garder sa grossesse. A ce moment là, elle pense qu’elle n’a pas d’autre choix. Quoiqu’il en soit, mon expérience me fait dire qu’aucune femme ne vit une IVG pour le plaisir. Certaines d’entre elles gardent des blessures psychologiques, le plus souvent enfouies, inapparentes, qui peuvent surgir à court, moyen ou long terme. Ces femmes peuvent alors être dans un état de détresse majeure. Elles ont besoin de parler, d’être écoutées, d’être aidées pour se reconstruire, et recommencer à avoir de l’estime pour elles-mêmes.Cette fonction d’écoute et d’assistance qui peut nécessiter beaucoup de temps, doit être pratiquée par des personnes qui ont reçu une solide formation et qui travaillent « en équipe » sous le contrôle de superviseurs, conseillers et coordonnateurs. En la matière, la bonne volonté seule ne suffit pas. Elle peut même être, sans la formation, ravageuse. Il faut une stabilité du référent et une disponibilité très grandes. Il faut une indispensable proximité afin de faciliter l’accès des femmes en détresse à l’écoute, pour leur permettre un chemin de pacification.
AGAPA est une structure qui répond bien à la situation. Cette structure doit être accessible partout où le besoin s’en fait sentir ; dans l’idéal, près des centres d’IVG, pour atteindre le plus de personnes possible en sachant que dans notre système de santé, l’écoute n’est pas prise en charge et que cette écoute là est indispensable.
Docteur Séjean Séjean
Gynécologue accoucheur
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- Chantal Papin
Psychologue clinicienne - Psychothérapeute
Formatrice en deuil périnatal à la Fédération Européenne Vivre son Deuil
Lire son témoignage : “Aujourd’hui la mort donnée à un foetus est rarement accompagnée de temps d’écoute…”
- Gaëlle Brunetaud
Auteur de “Marie-Kerguelen”, paru aux éditions de l’Harmattan
Lire son témoignage : “La perte d’un bébé au cours de la grossesse ou de la naissance peut mettre dans un état de sidération…”
- Docteur Marie-Christine Botte-Guingant
Gynécologue médicale
Lire son témoignage : “…Plus tard, parfois longtemps après, elles ont besoin de dire leur douleur, de mettre des mots sur ce qu’elles ont ressenti, et ressentent encore…”
- Docteur Séjean Séjean
Gynécologue Accoucheur
Lire son témoignage : “Il arrive qu’une femme enceinte pense qu’elle ne peut ou ne doit pas garder sa grossesse…”
- Docteur Sophie-Mathilde Tauss
Psychiatre Psychanalyste
Lire son témoignage : “De ma place de psychiatre, m’est souvent apparue la gravité méconnue des souffrances liées à une interruption de grossesse…”
- Elisabeth Martineau
Auteur de “Surmonter la mort de l’enfant attendu” paru aux éditions Chronique sociale
Lire son témoignage : “.. mon travail auprès des parents endeuillés suite à un décès périnatal me montre l’importance de la parole dans la reconstruction de la vie…”
- Chantal Haussaire-Niquet
Psychothérapeute - Formatrice et consultante en deuil périnatal
Auteur de “L’enfant interrompu” paru aux éditions Flammarion et ”Le deuil périnatal, le vivre et l’accompagner” paru aux éditions du Souffle d’Or
Lire son témoignage : “… Comment surmonter la douleur insurmontable… (…) L’accompagnement bienveillant amène à une bienveillance sur soi…”
Loi n°67-1176 du 28 décembre 1967, dite Loi Neuwirth
Elle abroge la loi du 31 juillet 1920 qui interdisait toute contraception.
Elle autorise la fabrication, l’importation, la prescription et la vente des produits, médicaments et objets contraceptifs. Le premier décret d’application est publié en février 1969, le dernier en décembre 1972.
Loi n°74-1026 du 4 décembre 1974
Comporte diverses dispositions relatives à la régulation des naissances.
La contraception est remboursée par la Sécurité sociale.
Autorise notamment les centres de planification ou d’éducation familiale à délivrer à titre gratuit et anonyme des contraceptifs aux mineures.
Loi n°75-17 du 17 janvier 1975, dite Loi Veil
Loi votée à titre expérimental pour 5 ans.
Elle autorise l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) sous certaines conditions :
- La femme doit être en situation de détresse;
- L’intervention doit être réalisée avant la fin de la 10ème semaine de grossesse;
- L’acte ne peut être pratiqué que par un médecin, dans un établissement de santé. Le médecin et le personnel disposent d’une clause de conscience et ne sont donc pas obligés de pratiquer de telles interventions.
- La femme doit réaliser des démarches obligatoires destinées à son information et à sa réflexion: 2 consultations médicales à une semaine d’intervalle, et une consultation sociale obligatoire au minimum deux jours avant l’interruption de grossesse
Elle institue également étend la possibilité d’interruption « thérapeutique » de grossesse, dite ITG, (sans instaurer de délai) dans deux types de situations : si la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou s’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
Loi n°79-1204 du 31 décembre 1979, dite Loi Pelletier
Elle reconduit définitivement la loi de 1975.
Loi n°82-1172 du 31 décembre 1982, dite Loi Roudy
Autorise le remboursement de l’IVG et instaure la prise en charge par l’Etat, sur une ligne spéciale du budget, des dépenses engagées par l’assurance maladie au titre des IVG.
1988
La pilule abortive, RU 486 est mise sur le marché.
1990
L’IVG médicamenteuse (pilule abortive, RU 486) est autorisée en milieu hospitalier
Loi n°93-121 du 27 janvier 1993, dite loi Neiertz
Punit le délit d’entrave à l’IVG et les agissements des commandos anti-IVG
1er juin 1999
Mise en vente libre dans les pharmacies de la pilule du lendemain, le contraceptif d’urgence Norlevo.
Loi n°2000-1209 du 13 décembre 2000
Loi relative à la contraception d’urgence (pilule du lendemain).
- Plus de prescription obligatoire
- Délivrance gratuite aux mineures dans les pharmacies (décret n°2002-39 du 9 janvier 2002)
- Autorise l’administration de la contraception d’urgence par les infirmières, aux élèves mineures et majeures des collèges et lycées, dans les cas d’urgence et de détresse caractérisée. Dans ce cas, les infirmières s’assurent de l’accompagnement psychologique de l’élève et veillent à la mise en œuvre d’un suivi médical (décret n°2001-258 du 27 mars 2001)
Loi n°2001-588 du 4 juillet 2001
- Elle porte de 10 à 12 semaines de grossesse le délai légal maximum pour avoir recours à une IVG
- L’entretien préalable n’est plus obligatoire mais doit être systématiquement proposé pour les majeures; il reste obligatoire pour les mineures non émancipées.
- Instauration du recours à l’IVG par voie médicamenteuse (RU 486), ou «IVG en ville». Il est juste stipulé que l’IVG pourra avoir lieu dans le cadre d’une convention passée entre un médecin de ville et un établissement de santé.
- Une mineure peut avoir accès à l’IVG sans autorisation parentale (si elle est accompagnée par une personne majeure de son choix).
- La loi élargit la notion de perturbation et étend le délit d’entrave à toute pression morale, psychologique, exercée par l’entourage vis-à-vis des personnes concernées par l’IVG.
Décret n°2002-796 du 3 mai 2002, modifié par le décret 2004-636 du 1er juillet 2004
Pratique des IVG hors établissement de santé.
L’IVG médicamenteuse est autorisée en médecine de ville, chez les gynécologues et certains médecins généralistes, pour les grossesses inférieures à 5 semaines.
Décret n°2002-799 du 3 mai 2002
Fixe les modalités de prise en charge financière de l’IVG des mineures pour lesquelles le consentement parental n’a pas été recueilli.
Loi n°2007-1786 du 19 décembre 2007, loi de financement de la sécurité sociale de 2008
Elle étend aux centres de planification et d’éducation familiale, et aux centres de santé la possibilité de procéder à des IVG médicamenteuses (article L. 2311-3 du code de la santé publique). À cette fin, une convention doit être conclue entre le centre et un établissement de santé public ou privé.
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Loi n°75-17 du 17 janvier 1975, dite Loi Veil
Loi votée à titre expérimental pour 5 ans.
- Elle autorise l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) sous certaines conditions
- Elle institue également étend la possibilité d’interruption «thérapeutique» de grossesse (sans instaurer de délai) dans deux types de situations: si la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou s’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. L’une ou l’autre de ces situations doit être attestée par deux médecins. L’un des deux médecins doit exercer son activité dans un établissement d’hospitalisation public ou dans un établissement d’hospitalisation privé satisfaisant aux conditions de l’article L. 176 et l’autre être inscrit sur une liste d’experts près la Cour de cassation ou près d’une cour d’appel.
Loi n°94-654 du 29 juillet 1994
Crée notamment des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal
Et stipule que l’un de deux signataires d’une ITG doit être membre d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal
Arrêté du 23 janvier 1997
Désormais, une femme enceinte peut, quel que soit son âge, et à partir d’un prélèvement sanguin, obtenir une analyse portant sur des marqueurs sériques permettant de calculer son risque de porter un enfant atteint de trisomie 21.
En cas de risque supérieur à 1/250, l’arrêté autorise le remboursement systématique de l’amniocentèse.
Auparavant, ce dépistage réalisé chez la femme de moins de 38 était à sa charge.
Loi n°2001-588 du 4 juillet 2001 et Décret n°2002-778 du 3 mai 2002
- Il n’existe toujours aucun délai, c’est-à-dire que l’interruption de grossesse peut avoir lieu jusqu’au moment de la naissance
- L’intitulé change : l’interruption de grossesse pour motif thérapeutique devient interruption de grossesse pour motif médical (IMG)
Selon les deux indications, les procédures sont différentes
1) Procédure administrative pour les IMG pour raison maternelle
Lorsqu’une femme enceinte envisage de recourir à une interruption de grossesse au motif que la poursuite de sa grossesse met en péril grave sa santé, elle en fait la demande auprès d’un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique exerçant son activité dans un établissement public de santé ou dans un établissement de santé privé satisfaisant aux conditions de l’article L.2322-1 du code de la Santé.
Le médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique saisi de la demande ci-dessus constitue et réunit, pour avis consultatif, l’équipe pluridisciplinaire prévue à l’article L.2313-1 du code de la santé.
Celle ci comprend :
- Un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique,
- Un médecin choisi par la femme,
- Un assistant social ou un psychologue,
- Un ou des praticiens qualifiés pour donner un avis sur l’état de santé de la femme.
Un procès verbal de la réunion de cette équipe est établi.
La femme concernée ou le couple est entendu, à sa demande, par tout ou partie des membres de l’équipe pluridisciplinaire avant sa concertation.
Si au terme de la concertation de cette équipe il apparaît à deux médecins que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, ceux ci établissent une attestation.
L’établissement de santé conserve pour chaque demande d’avis : les éléments du dossier médical transmis par le médecin traitant, l’attestation de l’équipe pluridisciplinaire, le procès verbal de la réunion et, le cas échéant, les résultats des examens pratiqués.
2) Procédure administrative d’IMG pour raison fœtale
Lorsque l’interruption de la grossesse est envisagée au motif qu’il existe « une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic », l’équipe pluridisciplinaire chargée d’examiner la demande de la femme est celle d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal agréé qui rend un avis consultatif.
La femme concernée ou le couple est entendu, à sa demande, par tout ou partie des membres de l’équipe pluridisciplinaire avant sa concertation.
Si au terme de la concertation de cette équipe il apparaît à deux médecins qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, ceux ci établissent une attestation.
Les deux médecins ci dessus doivent être mentionnés dans le 1er de l’article R 162-19 du code de la santé c’est à dire qu’il doit s’agir : d’un gynécologue Obstétricien et/ou d’un échographiste et/ou d’un généticien et/ou d’un pédiatre du Centre.
Il est établi une attestation qui comporte les noms et les signatures des médecins et mentionne leur appartenance au centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal.
Un exemplaire est remis à l’intéressé.
Le centre pluridisciplinaire conserve, pour chaque demande d’avis relatif à une grossesse en cours, les éléments du dossier médical, les avis, conseils, conclusions du centre, copie d’une attestation si elle a été faite, la date de l’IMG, et le cas échéant les résultats des examens foeto-pathologiques.
Pour les deux indications, maternelle ou fœtale, l’IMG est donc l’aboutissement une demande de la femme acceptée ou refusée par une équipe pluridisciplinaire.
Elle nécessite l’accord de deux médecins et, s’il s’agit d’un motif fœtal, les deux médecins doivent être spécialistes de diagnostic prénatal et appartenir à un centre de diagnostic prénatal agréé.
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Des femmes témoignent, des hommes aussi.
Lorette Thibout, Editions Albin Michel, 1995
Il y a vingt ans la loi Veil donnait aux femmes le droit d’avorter. Aujourd’hui, ce sont plus de 150 000 avortements qui ont lieu en France chaque année. Si la législation a supprimé les risques médicaux et les angoisses inutiles, elle n’en a pas pour autant fait un acte banal ou anodin : il reste un évènement intime dont on ne parle plus, si ce n’est sous son nom de code IVG.
C’est pour rompre ce silence que Lorette Thibout a donné libre parole à des femmes qui ont avorté, avant ou après la loi Veil, mais aussi à des hommes dont la femme ou la compagne a été confronté à cette épreuve.
Au-delà des débats pour ou contre l’avortement, au-delà des convictions politiques ou religieuses et des contextes sociaux, ce livre est un recueil de témoignages bruts, riches en émotion et en vérité, qui sont autant de tranches de vie. Soudain réveillés, ressurgissent des vieilles douleurs et des pans de mémoire occultés, qui nous bousculent bien au-delà des mots.
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J. Jeanne Ghédighian-Courier, l’Harmattan, 2000, 218 p.
L’interruption volontaire de grossesse.
Volontaire, vraiment l’IVG ? Du début à la fin ?
Voici un livre à 8 voix ; il donne autant de réponses qui forment en se complétant et en s’opposant un grand tout : réponse de praticiens, de soignants, paroles de soulagées-éprouvées.
Ici la souffrance de l’IVG et sa catharsis font appel à la parole avec une lucidité qui triomphe des violences de l’indicible sans estomper le travail de deuil, permettant le retour du refoulé grâce à la qualité des répondants et à l’équilibre général du livre sur lequel a veillé J. Jeanne Ghédighian-Courier, psychanalyste.
Ont collaboré à cet ouvrage :
Marie-Laure Brival, gynécologue-accoucheur
Jean-Claude Haddad, gynécologue-accoucheur
Lucienne Orléan-Léger, avocate
Corina Pallais, psychologue clinicienne
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